« Parlez-moi d’amour, redites moi ces choses tendres : je vous aime ! »

« Parlez-moi d’amour, redites moi ces choses tendres : je vous aime ! »

C’est beau, non ?… 1930 ! Lucienne Boyer. C’est beau… mais ce n’est pas suffisant !

Parce que, voyez-vous, l’amour n’est pas seulement une affaire de sentiments…

C’est difficile à comprendre, mais l’amour, tel que nous l’indique Jésus, c’est un commandement !…
C’est la dernière phrase de notre passage d’évangile d’aujourd’hui :

« Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres ».

Voilà qui sort de l’ordinaire ! Car, ne m’en veuillez pas : à l’inverse de la chanson, aujourd’hui, je ne vais pas
vous dire des choses tendres, douces, mielleuses ; mais des choses que je crois fortes, justes et vraies.

Oui, selon la volonté de Jésus, Aimer est un commandement… Bien plus c’est son commandement à lui… selon sa méthode ! Il nous le dit en effet : « Aimez-vous, comme je vous ai aimés ». Saint Jean le dit autrement dans la seconde lecture : « aimons-nous les uns les autres puisque l’amour vient de Dieu ».

Quelles conséquences ? J’en ai repéré 3… Mais il doit y en avoir de nombreuses autres. Je vous laisse compléter.

Première conséquence : Dire qu’aimer est un commandement, c’est dire que ce n’est jamais gagné d’avance.

Le Seigneur nous demande d’être parfait : « Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,48 ; Lv19,2 ; Dt 18,13)

Etre parfait, d’accord… mais qui ici peut se dire parfait ? En tous cas : pas moi… je le reconnais bien humblement et vous le savez parfaitement.

Combien de fois ne disons-nous pas, avec raison, que la perfection n’est pas de ce monde :

Ne pas avoir une seule pensée de haine, se laisser gifler, ne pas riposter ou ne pas se venger quand on vient de vous insulter, aimer celui qui nous déteste…

Aimer – Aimer parfaitement – franchement : ce n’est pas évident.

Et on a envie de dire au Seigneur : Seigneur tu t’es trompé de bonhomme, tu perds ton temps avec moi !
Jamais je n’y arriverai.

Alors : deuxième conséquence : la lettre de saint Jean ! Aimez-vous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu.

C’est vrai qu’à mesure purement humaine, aimer parfaitement, ce n’est pas évident. C’est même impossible. Allez, me direz-vous : je veux bien quand même essayer… aimer les autres… parfaitement… mais reconnaissons-le, il y a quand même bien souvent quelqu’un que j’aime avant tout le monde : c’est moi-même.

Alors… Tournons-nous vers Dieu. Tournons-nous vers Jésus… et, avant de répondre avec nos seules forces
au commandement suprême : « 
aimez-vous comme je vous ai aimé », commençons par dire : « aimons-nous
les uns les autres,
puisque Jésus nous a aimé » : Puisque l’amour vient du Père, par Jésus qui s’est fait homme parmi les hommes.

Puisque donc Jésus l’a fait de façon pleinement humaine, c’est que cela nous est possible, à nous aussi, de façons pleinement humaine. Dieu s’est fait homme pour que l’amour divin soit mis à notre portée.

Troisième conséquence donc : Il ne s’agit pas de faire des choses extraordinaires car nous ne sommes pas Dieu.

Commençons par nous supporter les uns les autres. Quittons nos rancœurs. Passons outre nos blessures.
Ne cherchons pas à savoir qui a tord et qui a raison.

Ayons, au sein d’une même famille : une petite pensée et un petit mot simple, gentil et très court, laissé sur la porte du frigo, ou par un SMS.

C’est tous ces petits gestes qui font la valeur d’une vie et qui reflète l’amour tel que Dieu le veut et tel que le Christ le demande.

Aimer c’est aussi, lorsque c’est nécessaire, avec énormément de douceur… avec énormément de tact, avec énormément de bienveillance : savoir corriger l’autre lorsqu’il est en train de se tromper.

Voilà : « mon bien aimé, je te le dis parce que je t’aime : ce que tu es en train de dire, ce que tu es en train de faire ne va pas dans le sens du bien. Cela ne te rendras pas heureux ».

Vous voyez bien, chers amis, chers frères et sœurs bien-aimés dans le Christ : aimer n’est pas seulement
une affaire de sentiments. Aimer c’est un commandement… Le commandement de Jésus lui-même.

Jésus nous demande – nous commande – de devenir des saints ! Ni plus ni moins !

Un saint, disait Dominique Savio : c’est être comme le petit morceau de verre dans le vitrail d’une église : Il se laisse traverser par la lumière de Dieu et en partage la beauté.

Jour après jours, tâchons donc de grandir en sainteté :

Les uns avec les autres. Les uns pour les autres. Les uns grâce aux autres.

Que l’Eucharistie que nous allons célébrer maintenant, augmente en nous la charité, et nous garde toujours unis dans la joie et dans l’Amour du Christ.

Amen

+ Père Dominique Lemahieu, Curé

Marquette, dimanche 9 mai 2021

Feuille de messe de référence :

Feuille de messe du dimanche 9 mai 2021