Guéris et sauvés

En écoutant cet évangile qui raconte deux guérisons que Jésus a réalisées, je m’étonne : je m’étonne d’un mot : « être sauvé 

Regardons : Jésus est confronté à deux personnes que la mort menace :

1° D’abord : une femme qui perd du sang depuis 12 ans. Le sang est ce qui véhicule la vie…

Perdre du sang , c’est être en train de perdre la vie. Depuis 12 ans, cette femme voit sa vie lui échapper. Depuis 112 ans cette femme est en train de mourir.

2° Et puis cette petite fille, dont on vient annoncer à Jésus qu’elle est vraiment morte.

O, Jésus va toucher ces deux personnes. C’est un geste très fort : Jésus n’a pas peur de se rendre impur en touchant quelqu’un qui est en contact avec le sang ou ce qu est mort.

A l’époque, il est en en effet rigoureusement interdit de toucher quelqu’un qui avait une telle maladie du sang, ou de toucher un cadavre. Mais Jésus, source de la vie, ne peut pas devenir impur. Au contraire, il purifie ce qu’il touche en lui redonnant la vie.

En réponse à cela, Jésus a une parole presque identique pour les deux circonstances : il appelle à la foi. « Va » dit-il à la femme hémorroïsse « ta foi t’a sauvée ». Et à Jaïre, le papa de la petite fille décédée, il dit : « Ne crains pas seulement »

Quelle confiance il a fallu à ces deux personnes !

La femme contestait que le pouvoir de Jésus irradiait de tout son être. L’important pour elle c’était de toucher Jésus. L’important pour Jaïre, c’était de supplier Jésus pour son enfant, et de ne pas baisser les bras, même au-delà de la mort.

Voilà que la confiance apporte le salut ! Parce qu’en plus d’être « guéries », Jésus leur dit qu’elles sont « sauvées ».

Quelle leçon pour nous ! Car même si nous ne sommes pas forcément malades, nous avons tous besoin d’être sauvés : Sauvés de la peur dans notre quotidien ; sauvés de tout ce qui abîme la vie ; sauvés… même de la mort ! Nous sommes tous dans le besoin face à Dieu. Nous avons besoin qu’il nous donne la vie éternelle : sa vie.

Nous avons besoin de son amour, pour aimer à notre tour..

Jésus a rendu la vie à la fille de Jaïre ainsi qu’à cette femme qui perdait du sang.

Comme le disait l’auteur de la première lecture :

« Dien n’a pas fait la mort.

Il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants.

Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité,

Il a fait de lui une image de sa propre identité. » (Sg 1,13-15)

Ce que Jésus nous donnera, au-delà de la mort, c’est bien autre chose que de nous guérir ou de nous redonner la vie de cette terre. Bien d’avantage ! Il nous fera participer, âme et corps, corps et âme, à sa vie, à sa gloire, à sa joie éternelle.

Car Dieu veut réussir l’homme, et ce n’est la mort qui l’en empêchera.

Au jour de la résurrection, le jour, de l’existence impérissable, jour qui demeure caché dans le secret de Dieu, la main du Ressuscité saisira la nôtre, et chacun de nous s’entendra dire pour son propre compte : « Lève-toi ».

Mais déjà, pour nous, si nous le voulons, chaque jour est une rencontre avec Jésus-Sauveur.

Chaque jour, au milieu de nos inquiétudes et de nos angoisses nous pouvons entendre le Christ nous redire : « Crois seulement ! »

Aujourd’hui encore, abattus par la fièvre de notre cœur, paralysés par nos retours sur nous-mêmes, dévitalisés par notre manque de foi, nous entendons ces mots d’espoir : »Mon ami, je te le dis : lève-toi ! » ?

C ‘est la voix de Jésus qui prononce ces mots pour chacun d’entre nous aujourd’hui.

Et aussitôt, pour nous rendre des forces, il nous invite à sa table.

+ Père Dominique Lemahieu, Curé

Marquette, dimanche 27 juin 2021

Feuille de messe de référence :

Feuille de messe du dimanche 27 juin