Dimanche de la misericorde

Aujourd’hui, une semaine après la grande fête de Pâques, ce dimanche est appelé « dimanche de la miséricorde ».
Le mot « Miséricorde » a vieilli. Il est emprunt d’une connotation péjorative : la misère, la plainte, la lamentation.
On se croirait presque dans le roman de Victor Hugo : Cosette, les Thénardier, Gavroche… les misérables.
Vous souvenez-vous de ma première homélie, ici, au mois de septembre ?
Je vous donnais mon programme pour les années à venir, en tant que votre nouveau curé :
– Premièrement : être acteur de miséricorde : c’est-à-dire être témoins de « l’amour inconditionnel de Dieu
au profit de toute l’humanité ».
– Deuxièmement : être des optimistes acharnés.
– Troisièmement : Nous appuyer sur le Christ, visage de la miséricorde de Dieu le Père.
– Et quatrièmement : Arrêter de compter, car Dieu ne sait pas compter ; car en amour, on ne compte pas.
Aujourd’hui je rajouterai un 5ème élément, à partir d’une anecdote qui m’est arrivée cette semaine.
Je vais vous la raconter :
Au presbytère, j’ai la chance d’avoir un petit jardin. C’est le printemps ; l’herbe commence à repousser.
Dans ma pelouse : il y a peut-être davantage de mauvaises herbes que de gazon.
Je suis donc allé chez le marchand dans l’intention d’acheter du désherbant. Il me répondit qu’il n’en vend plus
parce que c’est rempli de produits chimiques qui ne sont pas bons pour la nature.
« Comment faire alors ? », lui demandai-je. – Eh bien, me répondit-il : « je vais vous vendre de l’engrais qui
va rendre plus fort votre gazon, et qui va étouffer les mauvaises herbes ».
Je crois que nous avons là une belle illustration, très positive, de ce mot : « miséricorde ».
Il ne s’agit pas de se battre contre le mal avec les armes du mal. Il s’agit de vaincre le mal par le bien !
Lorsque nous sommes en conflit avec quelqu’un ; lorsque la colère nous monte à la gorge ; lorsque l’on est blessé
par quelques phrases assassines qui nous ont été adressées : on aurait tendance à surenchérir, à entrer dans une violence
qui n’en finira pas. Alors, la volonté de revanche, la rancœur et l’acidité viendra littéralement pourrir notre existence.
Qu’a fait Jésus, lors de son procès devant Pilate ? Plutôt que d’entrer dans des ripostes verbales stériles, il entre
dans le silence. Il refuse l’escalade de la violence. Son chemin de croix ne sera pourtant pas une attitude passive :
Il continuera jusqu’au bout à résister au mal. Pourtant, il ne vaincra pas le mal par le mal, mais par le bien !
Il en est de même dans l’évangile que nous venons de lire :
« C’était, après la mort de Jésus, en ce premier jour de la semaine », nous dit le texte.
Autrement dit c’était le jour de Pâques : Trois jours après la crucifixion. Quatre jours après le jeudi saint
où Jésus avait mangé avec ses disciples. Ce jeudi soir là, il y eut le procès de Jésus. Et tous l’ont abandonné !
Même Pierre l’avait renié trois fois.
Ne trouvez-vous pas que Jésus aurait pu leur en vouloir… et leur faire des reproches ?
Non… Il n’entre pas dans ce jeu là ! Il leur dit : « La paix soit avec vous ! ».
C’était bel et bien une parole de miséricorde à leur bénéfice : Vaincre les remords, les regrets, la culpabilisation
qui habitaient sans doute le cœur des apôtres et des disciples qui avaient « verrouillé leur porte »… – qui s’étaient
enfermés sur eux-mêmes, pourrait-on dire – vaincre cela : non par des reproches, mais par un souhait de paix !…
Frères et sœurs bien aimés, prions plus particulièrement aujourd’hui pour obtenir la grâce de la paix
afin de témoigner au monde de la puissance de vie qui réside dans le fait même de croire.
Oui : Croire !… de la même manière que Jésus demande à Thomas : « heureux ceux qui croient sans avoir vu ».
« Vaincre le mal par le bien » « La paix soit avec vous ! » « Heureux ceux qui croient sans avoir vu »
« Jésus, j’ai confiance en toi »

+ Père Dominique Lemahieu, Curé

Wambrechies, dimanche 11 avril 2021

Feuille de messe de référence :

Feuille de messe du dimanche 11 avril 2021