Messe du 15 mars 2020

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15 MARS 2020 3ème Dimanche de Carême — Année A

Avoir soif, mais de quelle eau ?

Les fils d’Israël récriminent contre Moïse et se querellent avec Dieu, au lieu de faire confiance à sa parole. Dans l’évangile, une Samaritaine demande à Jésus de lui donner l’eau qui jaillit « pour la vie éternelle ». Grâce à elle, les Samaritains voient en Jésus « le Sauveur du monde ».

Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là,
    dans le désert, le peuple, manquant d’eau,
souffrit de la soif.
Il récrimina contre Moïse et dit :
« Pourquoi nous as-tu fait monter d’Égypte ?
Était-ce pour nous faire mourir de soif
avec nos fils et nos troupeaux ? »
    Moïse cria vers le Seigneur :
« Que vais-je faire de ce peuple ?
Encore un peu, et ils me lapideront ! »
    Le Seigneur dit à Moïse :
« Passe devant le peuple,
emmène avec toi plusieurs des anciens d’Israël,
prends en main le bâton avec lequel tu as frappé le Nil,
et va !
Moi, je serai là, devant toi,
sur le rocher du mont Horeb.
Tu frapperas le rocher,
il en sortira de l’eau,
et le peuple boira ! »
Et Moïse fit ainsi sous les yeux des anciens d’Israël.

    Il donna à ce lieu le nom de Massa (c’est-à-dire : Épreuve)
et Mériba (c’est-à-dire : Querelle),
parce que les fils d’Israël avaient cherché querelle au Seigneur,
et parce qu’ils l’avaient mis à l’épreuve, en disant :
« Le Seigneur est-il au milieu de nous,
oui ou non ? »

    – Parole du Seigneur.

R/ Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur !
 (cf. Ps 94, 8a.7d)

Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
Allons jusqu’à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
Oui, il est notre Dieu ;
nous sommes le peuple qu’il conduit.

Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ?
« Ne fermez pas votre cœur comme au désert,
où vos pères m’ont tenté et provoqué,
et pourtant ils avaient vu mon exploit. »

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
    nous qui sommes devenus justes par la foi,
nous voici en paix avec Dieu
par notre Seigneur Jésus Christ,
    lui qui nous a donné, par la foi,
l’accès à cette grâce
dans laquelle nous sommes établis ;
et nous mettons notre fierté
dans l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu.
    Et l’espérance ne déçoit pas,
puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs
par l’Esprit Saint qui nous a été donné.
    Alors que nous n’étions encore capables de rien,
le Christ, au temps fixé par Dieu,
est mort pour les impies que nous étions.
    Accepter de mourir pour un homme juste,
c’est déjà difficile ;
peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien.
    Or, la preuve que Dieu nous aime,
c’est que le Christ est mort pour nous,
alors que nous étions encore pécheurs.

    – Parole du Seigneur.

Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.

Tu es vraiment le Sauveur du monde, Seigneur !
Donne-moi de l’eau vive :
que je n’aie plus soif.
Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.
 (cf. Jn 4, 42.15)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

    En ce temps-là,
    Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar,
près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph.
    Là se trouvait le puits de Jacob.
Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source.
C’était la sixième heure, environ midi.
    Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau.
Jésus lui dit :
« Donne-moi à boire. »
    – En effet, ses disciples étaient partis à la ville
pour acheter des provisions.
    La Samaritaine lui dit :
« Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire,
à moi, une Samaritaine ? »
– En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains.
    Jésus lui répondit :
« Si tu savais le don de Dieu
et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’,
c’est toi qui lui aurais demandé,
et il t’aurait donné de l’eau vive. »
    Elle lui dit :
« Seigneur, tu n’as rien pour puiser,
et le puits est profond.
D’où as-tu donc cette eau vive ?
    Serais-tu plus grand que notre père Jacob
qui nous a donné ce puits,
et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? »
    Jésus lui répondit :
« Quiconque boit de cette eau
aura de nouveau soif ;
    mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai
n’aura plus jamais soif ;
et l’eau que je lui donnerai
deviendra en lui une source d’eau
jaillissant pour la vie éternelle. »
    La femme lui dit :
« Seigneur, donne-moi de cette eau,
que je n’aie plus soif,
et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »
    Jésus lui dit :
« Va, appelle ton mari, et reviens. »
    La femme répliqua :
« Je n’ai pas de mari. »
Jésus reprit :
« Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari :
            des maris, tu en a eu cinq,
et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ;
là, tu dis vrai. »
    La femme lui dit :
« Seigneur, je vois que tu es un prophète !…
    Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là,
et vous, les Juifs, vous dites
que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »
    Jésus lui dit :
« Femme, crois-moi :
l’heure vient
où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem
pour adorer le Père.
    Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ;
nous, nous adorons ce que nous connaissons,
car le salut vient des Juifs.
    Mais l’heure vient – et c’est maintenant –
où les vrais adorateurs
adoreront le Père en esprit et vérité :
tels sont les adorateurs que recherche le Père.
    Dieu est esprit,
et ceux qui l’adorent,
c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. »
    La femme lui dit :
« Je sais qu’il vient, le Messie,
celui qu’on appelle Christ.
Quand il viendra,
c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. »
    Jésus lui dit :
« Je le suis,
moi qui te parle. »
    À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ;
ils étaient surpris de le voir parler avec une femme.
Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? »
ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? »

    La femme, laissant là sa cruche,
revint à la ville et dit aux gens :
    « Venez voir un homme
qui m’a dit tout ce que j’ai fait.
Ne serait-il pas le Christ ? »
    Ils sortirent de la ville,
et ils se dirigeaient vers lui.

    Entre-temps, les disciples l’appelaient :
« Rabbi, viens manger. »
    Mais il répondit :
« Pour moi, j’ai de quoi manger :
c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. »
    Les disciples se disaient entre eux :
« Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? »
    Jésus leur dit :
« Ma nourriture,
c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé
et d’accomplir son œuvre.
    Ne dites-vous pas :
‘Encore quatre mois et ce sera la moisson’ ?
Et moi, je vous dis :
Levez les yeux
et regardez les champs déjà dorés pour la moisson.
Dès maintenant,  le moissonneur reçoit son salaire :
il récolte du fruit pour la vie éternelle,
si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur.
    Il est bien vrai, le dicton :
‘L’un sème, l’autre moissonne.’
    Je vous ai envoyés moissonner
ce qui ne vous a coûté aucun effort ;
d’autres ont fait l’effort,
et vous en avez bénéficié. »

    Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus,
à cause de la parole de la femme
qui rendait ce témoignage :
« Il m’a dit tout ce  que j’ai fait. »
    Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui,
ils l’invitèrent à demeurer chez eux.
Il y demeura deux jours.
    Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire
à cause de sa parole à lui,
    et ils disaient à la femme :
« Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit
que nous croyons :
nous-mêmes, nous l’avons entendu,
et nous savons que c’est vraiment lui
le Sauveur du monde. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Références bibliques :

Livre de l’Exode : 17. 1 à 7 : »Le Seigneur est-il vraiment au milieu de nous ? »
Psaume 94 : « Ne fermez pas votre coeur comme au désert. »
Lettre de saint Paul aux Romains : 5. 1 à 8 : « L’amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par l’Esprit-Saint qui nous a été donné. »
Evangile selon saint Jean : 4. 5 à 42 : »L’eau que je lui donnerai deviendra en lui source jaillissant en vie éternelle. »

***

Comme dimanche dernier, le texte évangélique est d’une telle densité que sont possibles bien des manières de le lire, de le méditer, de le faire nôtre. Nous vous proposons d’éclairer ces commentaires par la prière d’ouverture de ce dimanche, en reprenant chaque membre de phrase. Ce texte à lui seul vaut toute une homélie : « Tu es la source de toute bonté. Toute miséricorde vient de toi. Ecoute l’aveu de notre faiblesse. Nous avons conscience de nos fautes. Patiemment, relève-nous avec amour. »

AU DESERT

En les faisant passer au milieu des eaux, Dieu avait libéré les Hébreux de l’esclavage de l’Egypte. Mais cette liberté leur devient pesante et ils accusent Moïse d’être responsable de cette soif qui les tenaille.

Dieu, c’est le Rocher qui nous sauve, chante le psaume 94. Un rocher en soi peut être solide, on peut s’y appuyer. Mais il n’est rien d’autre qu’une pierre, dure et sans vie. Tout au contraire, Dieu est vie puisqu’il est miséricorde. « Tu as frappé le Nil » et le Nil a été l’artisan de ces miracles qui ont bouleversé les Egyptiens. « Tu frapperas le rocher, il en sortira de l’eau ». Et l’eau a jailli, transparente, sautant sur les pierres, éclaboussant de joie ce peuple à la tête dure comme une pierre. Le Seigneur a fait jaillir les eaux du Rocher. La prière initiale de ce dimanche nous le rappelle : Dieu est source de toute bonté. Dieu est d’abord Amour.

LA SAMARITAINE A LA RECHERCHE DE L’AMOUR

L’amour, la Samaritaine l’a cherché sans jamais y trouver la paix. Elle n’en connaissait pas encore la véritable dimension. Elle était empêtrée dans sa faiblesse quand Dieu vient la rejoindre en Jésus-Christ. Comme pour nous, il était pour elle d’une grande importance de rencontrer un homme de coeur, un homme qui comprend, qui ne la rabroue pas. Car pour trouver la vraie dimension de la vie, il faut épanouir en nous la vraie dimension de l’amour.

L’être humain n’existe que par la puissance de son attente. Elle existait au travers de ses « rencontres » et cinq n’ont pas suffi à la combler, et le sixième n’était qu’un compagnon. Comme Marie-Madeleine, elle ouvrait son coeur insatisfait à l’amour même imparfait. Il lui fallait aimer. Et voilà que ce voyageur, qui passe et est assis sur la margelle du puits, lui révèle un autre avenir. Dieu est Amour.

Certes, elle portait en elle une certaine connaissance de Dieu et une certaine espérance en raison même de la tradition religieuse de sa province. Mais cela n’était pas vital pour elle. Ses préoccupations étaient ailleurs. Dieu ne lui est pas étranger, mais il n’est pas celui qui la fait vivre. Beaucoup de nos contemporains sont ainsi.

LA SAMARITAINE A LA RECHERCHE DE SA PERSONNALITÉ

Nous pouvons méditer sur un autre aspect de sa personnalité qu’exprime son attitude extérieure en même qu’elle exprime son attente.

Avec Jésus, elle commence à se faire hautaine : »Toi un juif ! » trop heureuse sans doute de souligner que ces Juifs qui méprisaient les Samaritains étaient bien obligés de passer par eux quand ils avaient soif. Elle lui montre son incapacité à tirer de l’eau : »Tu n’as rien pour puiser. » Bientôt elle demandera humblement : »Donne-moi de cette eau. » Mais ce n’est encore que désir humain. Comme l’était sa recherche de tant de maris.

Puis elle demande davantage : »Explique-moi. » Elle a voulu prendre « la tangente » pour ne pas répondre à sa situation conjugale. Jésus l’a entraînée jusqu’aux richesses de ses connaissances religieuses : »C’est lui qui nous fera connaître toutes choses, » doit-elle reconnaître.

JESUS

Il s’est arrêté, fatigué. Saint Jean aime à noter souvent la nature humaine de Jésus. Mais il remarque qu’il est assis sur la margelle de la source, et non à même le sol, appuyé sur le puits, non pas dans une position de repos. Il s’est assis là où l’eau une fois puisée, le seau est posé. Il est assis en position de service.

Et quand arrive cette femme, il lui demande d’abord un service : »Donne-moi à boire ». Un service qui est aussi un geste de bonté, car, dans le coeur de la Samaritaine, il y a une grande bonté même si elle ne veut pas paraître ce qu’elle est vraiment.

Il ne discute pas avec elle sur les mérites réciproques des Samaritains et des Juifs de Judée. Il ne fait nulle théologie et refuse la controverse qui aurait fait dévier la réalité profonde de son message. Il va au coeur de la question fondamentale : »Si tu savais le don de Dieu… » Si tu savais par qui peut venir ce don de Dieu. La controverse est en effet inutile : le privilège de Jérusalem a cessé et cette montagne de Samarie n’a plus de signification. Le don de Dieu est « esprit et vérité », et c’est ce qu’il attend de ceux qui l’adorent. L’universalité est en Dieu qui ne dépend ni des lieux, ni des langues, ni des nations.

Tout cela, elle le sait puisqu’elle enchaîne en parlant du Messie « qui fera connaître toutes choses. » Mais l’affirmation de Jésus « Je le suis », ne peut pas encore la convaincre. C’est trop tôt dans sa démarche personnelle et spirituelle. Elle l’a seulement interrogée : »Ne serait-il pas le Messie ? » C’est qu’elle est encore enfermée dans ses problèmes personnels : »Il m’a dit ce que j’ai fait ! »

Nous-mêmes, nous sommes bien comme la Samaritaine quand Jésus nous parle, quand il nous ouvre un avenir insoupçonné…. Il est difficile à prendre le tournant décisif qu’il nous demande d’opérer pour nous situer dans la vérité. Il en est ainsi pour nos frères quand nous voulons les « évangéliser ». Laissons à chacun le temps de la maturation intérieure à la lumière de la grâce. Ne bousculons pas non plus la grâce de Dieu. Craignons que notre parole, ou plutôt nos paroles, ne court-circuitent ce cheminement intérieur.

LES APOTRES

Ils étaient partis à la bourgade chercher quelques nourritures terrestres. Comme un groupe qui a besoin d’un peu de liberté. Ils l’ont laissé là, tout seul. Quand ils reviennent, ils sont surpris : Jésus parle en tête-à-tête avec une femme ! Mais ils brident leur curiosité par discrétion et par respect. Pourquoi n’a-t-il pas attendu leur retour pour demander quelque chose. « Que dis-tu avec elle ? » selon la version grecque du texte. « Que cherche-t-elle ? » dit la version syriaque. Ils n’ont pas de réponse immédiate. Ils l’auront sans doute, par la Samaritaine bavarde, durant les deux jours qu’ils resteront au village.

Ils ont coupé la conversation. En fait, l’essentiel était dit. Elle en profite pour partir dire sa joie. C’est le temps de l’allégement. Elle n’a pas été jugée par Jésus. Elle peut dire qui elle est devant tout le monde. Elle a laissé symboliquement sa cruche vide. Elle n’a plus besoin de l’eau du puits. Elle est heureuse. Ce n’est plus la dérive. Elle peut se présenter devant les habitants du village et les inviter à la même rencontre, car avec le Christ elle est devenue une créature nouvelle, selon l’expression de la liturgie baptismale..

Pendant ce temps, les disciples nous paraissent bien terre à terre : »Viens manger. » Ils ne comprennent pas sa réponse : »J’ai de quoi manger. » Il avait répondu au démon : »L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui vient de Dieu. » Il leur en dit davantage : sa vie, c’est d’accomplie l’oeuvre de Dieu.

Qu’ils s’en réjouissent, tout en sachant qu’ils ne sont pas les seuls : ils vont moissonner ce que les autres ont semé avec peine, ce que, lui, Jésus, a semé par sa vie, sa mort et sa résurrection qui sont l’accomplissement de l’oeuvre que son Père lui a demandée de réaliser. Il ne leur révèle pas encore l’ampleur de cette mission. Ce sont les habitants du village qui le diront au bout de deux jours : »Nous savons que celui-ci est le sauveur du monde. » Et saint Jean emploie le mot « cosmos » pour signifier l’immensité de ce salut.

LES HABITANTS

L’Evangile ne nous dit pas les premiers moments du retour de la Samaritaine au village. Excitée par ce qu’elle venait de vivre, sa joyeuse exubérance les entraîne au puits de Jacob. Eux aussi, comme les Juifs, attendaient un messie. Cet homme ne serait-il pas le Messie ? Ils lui ont offert une hospitalité à laquelle Jésus ne se dérobe pas. Ils sont de bonne volonté. Ils ont écouté, entendu le sens de ce qu’il disait et reconnu que sa parole était Parole de vie.

Il ne se dérobe jamais à ceux qui l’accueillent. Cf Matthieu 25. 40 et ss.N

Nous sommes loin peut-être de la grâce divine évoquée par la source jaillissant en vie éternelle. En fait pas si loin d’elle. La Samaritaine a accueilli la parole de Jésus comme une eau qui l’a vivifiée et, devant ses connaissances, elle en a fait jaillir le témoignage de cette vie nouvelle qui est la sienne. Ils ont reçu sa parole qui jaillit en un acte de foi : »Il est le sauveur du monde ».

***

Les cheminements des disciples, celui de la Samaritaine et des habitants sont bien aussi les nôtres. Selon des modalités diverses, c’est le passage d’une connaissance théorique à une rencontre personnelle et vitale où chacun doit reconnaître le don de Dieu comme source de vie. « Si tu savais le don de Dieu… » Les catéchumènes devaient le reconnaître à quelques semaines de leur entrée dans la vie divine.

Les chrétiens de longue date, nous en sommes peut-être, savent aussi que cette « reconnaissance », cette « exploration », ce « scrutin » ne sont jamais ni parfaits ni définitifs. Il faut du temps afin que la Parole de Dieu devienne parole de vie pour jaillir en nous, éternelle ; du temps pour reconnaître « le monde de la grâce dans lequel nous sommes établis … puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par l’Esprit-Saint qui nous a été donné. » (Romains 5. 5)

« Nous avons reçu de toi un avant-goût du ciel », nous fait dire la prière qui suit la Communion de ce dimanche. Comme l’a fait la Samaritaine, « fais-nous manifester par toute notre vie ce que le sacrement vient d’accomplir en nous.”

La messe en vidéo

Nous vivons une période exceptionnelle : le coronavirus-Covid 19 impose la fermeture de certaines églises, privant beaucoup d’entre nous de la messe dominicale. Devant ce phénomène qui risque de s’étendre, Prions en Église vous propose de vivre la messe en lien avec toutes les personnes qui ne pourront pas rejoindre, ce dimanche, une communauté paroissiale.

Cette messe a été enregistrée dans la chapelle de Bayard où, chaque semaine, des salariés se rendent pour prier aux intentions des collaborateurs de la maison et à celles de l’ensemble de nos lecteurs à travers le monde. Cette tradition remonte aux origines de la maison Bayard, fondée par les religieux assomptionnistes, il y a 147 ans.

Pour des raisons d’organisation, cette messe est diffusée en différé. Nous avons bien conscience que cela n’est pas l’idéal d’un point de vue liturgique. Il s’agit simplement de permettre à ceux qui en auront besoin de se sentir entourés et d’être ainsi associés à la prière de l’Église.