Mercredi 22 avril

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Te souviens-tu du confinement?

Papa, Maman, que s’est-il passé en 2020 ? Racontez-nous cette année-là ? J’étais trop jeune, je n’ai plus que quelques souvenirs… Alors racontez-nous !!!!
– Ouh la ! Il y en a des choses à dire ! Chéri tu commences ?
– A toi l’honneur ! Moi je n’étais là que la moitié du temps !
– Veinard ! ou pas !
Alors les filles, Aliette tu avais 2 ans et demi, Ariane 9 mois, nous avons débuté l’année 2020 sur les rotules… vacances de Noël crevantes, comme d’hab ! Les semaines s’enchaînaient… je travaillais 3 jours par semaine, vous alliez à la crèche, 3 jours stressants avec les horaires à respecter, les affaires à préparer, puis 4 jours ensemble, plus fatigants encore mais tellement riches ! plein de temps pour jouer ensemble, vous voir grandir, faire les lessives, le ménage, les courses, les repas,… toutes les 2 semaines, Grégoire partait, rentrait, puis repartait…
– Aliette tu pleurais beaucoup et me demandais très souvent apparemment…
– Et moi je te consolais comme je pouvais… Bon nous avons enchainé ce rythme soutenu
jusqu’en mars !
– Que s’est-il passé en mars ?
– Le coronavirus.
– Ah oui ! je l’appelais le méchant virus c’est ça ?
– Oui tu as très vite compris ! à ta manière ! Donc là tout s’est stoppé ! Maman a arrêté son travail, la crèche a fermé, et moi je suis rentré pour une très longue période….
– Nous nous sommes confinés dans notre chère maison qui s’est transformée en cocon… très bruyant !!!
– Vous nous avez souvent demandé vos grands-parents, les copains-copines de la crèche, la messe, les courses…. Mais nous ne pouvions plus !
– Mais alors que faisions-nous ?
– Au début du confinement, j’avais une looongue liste d’activités manuelles, à vous faire faire, de recette à tester, de personnes à appeler, un plan grand ménage pour la maison mais nous n’avons pas eu le temps !
– Mais on avait que ça à faire non ?
– Nous avons pris un autre temps : le présent ! Chaque instant vous laisser vous déployer et laisser déployer nos talents de parents et d’époux !
– Nous nous sommes tournées les uns vers les autres pour approfondir nos langages d’amour et notre écoute ! Vous avez passé des heures au jardin, dans des cabanes improvisées dans la maison, à cuisiner, à barboter, à regarder des livres entassés dans un coin du lit, à regarder les petites catéchèses du Père Matthieu Bobin, à monter à 4 pattes dans les escaliers, à coudre des masques, à cuisiner de la soupe à l’herbe et à la boue,…
– Et chaque soir la liste des MERCIS que nous disions au Seigneur s’agrandissait !
– c’est aussi la période où votre Arrière-grand-père est décédé…. Aliette, quand je parlais de lui, tu me disais qu’il était avec Jésus… je t’ai écouté et cela m’a aidé à soigner ma confiance en Dieu…
– …
– Vous vous disputiez, et nous nous perdions patience parfois, il nous arrivait de baisser les bras, nous énerver, manger trop de chocolat…
– Parle pour toi !!
– Et la liste des pardons que nous demandions au Seigneur était longue aussi…
– Dulcinée tu oublies de parler des voisins ! Je m’y colle !
C’est à cette période que nous les avons tous vraiment rencontrés ! Chacun avait du temps, donc chacun a pris le temps d’échanger (toujours avec les distances de sécurité, masques et tout et tout !) et votre joie, les filles, a donné de la joie à tout le quartier !
Qu’exulte tout l’univers, que soit chantée en tous lieux la puissance de Dieu.
Dans une même allégresse, terre et cieux dansent de
joie, chantent Alléluia!
– Surtout à 2Oh quand toi Aliette tu dansais dans la rue en applaudissant et que toi Ariane tu tapais en riant sur le tambourin !
– Nous nous sommes mis à cuisiner les uns pour les autres, à nous offrir des fleurs de nos jardins, à faire des courses groupées,… et la liste des personnes à confier aux Seigneur s’est allongée !
– Wouha ça avait l’air chouette et joyeux !!
– Ça l’était ! alors à la fin du confinement, une multitude de questionnements :
Que voulons-nous garder de ce temps de confinement ?
Que ne voulons-nous pas garder de l’avant de covid-19 ?
Quel après voulons-nous construire ? Dans nos familles ? Dans nos quartiers ? Dans notre société ? Dans notre Eglise ?