Samedi 18 avril

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Samedi de Pâques

Comme nous le relate l’Evangile d’aujourd’hui, comme il est dur parfois de croire ! (Mc 16, 9-15)
En ce temps de Pâques, je ne résiste pas à l’envie de vous partager une petite réflexion mémorable de M., dans mon foyer de l’Arche, que l’on se rappelle avec plaisir chaque année : M. réclame souvent la prière le soir, participe aux temps de prière communautaire chaque semaine, mais se déclare non-croyant, et ne connaît pas beaucoup son catéchisme. La semaine sainte est souvent l’occasion d’explications et de discussions passionnées. Un jour, il me dit : « mais de toute façon, ce n’est pas possible, je n’y crois pas, quand t’es mort tu ne peux pas revenir. Tu vois bien, il est mort sur la croix (nous avons regardé le film « Jésus de Nazareth »). Quand t’es mort, t’es mort, quand t’es mort, c’est pour la vie ! ».
Génial, non ? Car il faut mourir pour vivre, comme le grain de blé qui reste seul s’il ne meurt pas. Il s’agit de quitter nos tombeaux, de mourir à nous-mêmes, pour une vie nouvelle, devenir soi-même, devenir vrais Fils et Filles de Dieu.
Mourir à nos égoïsmes, à nos préjugés, à notre recherche de bien-être individuel, de réussite, … pour devenir ouverts à l’autre, tout autre, ouverts à la fragilité, ouverts à la relation avec Dieu qui nous appelle à choisir le bien et la Vie. En ce temps de confinement, que d’exemples de cœurs ouverts, de bienveillance, d’attentions, de vies données sans compter ! Que d’hommes et de femmes qui grandissent à travers leurs gestes de partage, de charité, d’inventivité, et de gratitude.
Chez moi, lundi soir, c’était le grand silence pour écouter le président, et certains attendaient un miracle ! Et puis déception, frustration, tristesse, un peu de colère même parfois.
Alors, pour reprendre courage, nous nous sommes partagé chacun quelque chose de positif que le confinement avait apporté dans notre vie depuis un mois. Finalement, c’est la vie quotidienne qui prend une saveur nouvelle : avoir plus de temps pour la relation, du temps pour cuisiner des recettes nouvelles, apprendre à faire du pain, repasser son linge, nettoyer le jardin, goûter le soleil, regarder les abeilles, recevoir un coup de téléphone, s’amuser, discuter ; du temps pour accompagner chacun dans ses taches, sans les contraintes horaires ou organisationnelles habituelles.
La vie est plus simple. Et sans oublier tous ceux pour qui ce temps est particulièrement difficile, nous sommes reconnaissants de ce que nous vivons ensemble.


Renée Stroucken,