Il faut du courage pour accueillir la première lecture et l’évangile d’aujourd’hui :

Une histoire de vigne, de propriétaire et de vignerons locataires. Une histoire de détournement de fonds,
 de violence et d’assassinat, et finalement, une histoire qui ressemble à une punition.

On pourrait faire une leçon de morale de cette parabole que raconte Jésus :

« Des gens, ont mal agis. Alors, ils sont punis ». Et bien sûr, puisque, évidemment on a compris que le propriétaire de la vigne c’est Dieu lui-même… Eh bien : « si nous agissons mal, nous serons punis par Dieu ».

Que n’a-t-on, par le passé, menacé les gens de l’enfer, à cause de la colère de Dieu !

 

Eh bien… Ce serait commettre une erreur, que de comprendre l’évangile de cette manière là.

Beaucoup trop de prédicateurs avant moi ont utilisé l’Evangile pour leur propre compte, et sont devenus moralisateurs !

L’évangile n’est pas fait pour ça… L’évangile, ce n’est pas une leçon de morale !

 

Alors, essayons de relire avec attention ce passage d’évangile d’aujourd’hui :

Rappelons-nous d’abord que Jésus s’adressait aux grands-prêtres et aux anciens du peuple.

Il va leur raconter une parabole, c’est-à-dire une histoire un peu énorme… Le but est de les faire réfléchir.

 

Le propriétaire de la vigne, c’est Dieu… D’accord !

Comment se comporte-t-il, ce Dieu là, vis-à-vis de ces vignerons homicides ?

 

Une première fois, il envoie ses serviteurs pour recevoir le loyer qui lui est dû. Les vignerons malhonnêtes
« se saisirent de ces serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième ».

Que fait Dieu ? Est-ce qu’il se venge ? Est-ce qu’il envoie du haut du ciel la foudre destructrice de sa colère ?

Non :

Avec une infinie patience, il en envoie d’autres serviteurs plus nombreux.

Les vignerons les traitèrent pourtant de la même façon.

Que fait Dieu ? Est-ce qu’il se venge ? Est-ce qu’il envoie du haut du ciel la foudre destructrice de sa colère ?

Non :

Avec une infinie bonté, il envoie son fils. Son propre fils… mais cette fois : seul ! pas accompagné ; pas protégé ; pas armé… C’est comme si il le lançait dans la gueule du loup ! Et naturellement il ne vas pas en réchapper.
Il se présente les mains nues.

Que fait Dieu ? Est-ce qu’il se venge ? Est-ce qu’il envoie du haut du ciel la foudre destructrice de sa colère ?

Non : Mais « La pierre qu’on rejetés les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle ».

Il est ressuscité, il est vivant. Pas même la mort, le meurtre, la méchanceté, ne pourra arrêter l’œuvre de Salut de Dieu, réalisé par Jésus dans l’Esprit Saint.

 

C’est alors que Jésus pose une question aux grands prêtres et aux anciens.

… Ce n’est pas dit exactement comme ça dans l’évangile, mais ça revient au même :

Qu’auriez-vous fait, à la place de Dieu ?

Et les grands-prêtres et les anciens, avec l’endurcissement de leur cœur, répondent : « Ces misérables,
ils méritent de périr misérablement 
».

 

Je crois que c’est à cause de cette réponse, qui ne montre aucune miséricorde de la part des responsables du peuple, que Jésus leur dit : puisque vous êtes incapables d’aimer même vos ennemis (Cf Mt 5,44)… alors :
« Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits ».

 

Chers amis  paroissiens, une petite parcelle de la vigne du Seigneur de l’univers, nous est confiée, ici à Wambrechies. En cette messe de rentrée un peu particulière cette année,  profitons-en pour nous recentrer sur l’essentiel : Faisons fructifier la vigne qui nous est donnée. Prenons soin de nous. Prenons soin les uns des autres !

 

Dieu a un projet pour chacun, chacune d’entre nous. Que notre vie soit belle ; que notre vie soit grande.
Non pas rabougrie, étriquée, desséchée, peureuse, à cause des blessures que le monde peut nous infliger.

Mais ayons une vie audacieuse, ouverte vers les autres, toujours disponible à répondre à notre vocation d’hommes et de femmes libres et responsables. Et… le jour venu… avec simplicité et humilité, certains de la miséricorde infinie de notre Seigneur envers chacun de nous, nous pourrons lui remettre le produit de la vigne : le fruit de notre vie : une vie saine ; une vie sainte.

 

Chers amis : je lève mon verre : « à votre santé »… à votre sainteté !

Père Dominique Lemahieu

Dimanche 4 octobre 2020