Pour l'amour de son nom

Chers amis, chers frères et sœurs bien-aimés dans le Christ,
Vous avez sans doute entendus comme moi le sondage publié par la presse cette semaine :
51% des français affirment ne pas croire en Dieu !
Bien souvent, on se plaint qu’il y a des gens qui sont « croyants mais pas pratiquants ».
Ce n’est pas votre cas, puisque nous nous retrouvons aujourd’hui, en cette messe de rentrée, autour du Seigneur.
Mais, il me semble que c’est plutôt l’inverse : dans notre société sécularisée où l’on met Dieu de côté,
il y a beaucoup de pratiquants, mais peu de croyants…
Tout dépend ce que l’on comprend lorsque l’on utilise ces mots de « pratiquants » et de « croyants ».
D’abord le mot « croyants » ne désigne pas seulement les chrétiens. Il y a beaucoup de gens « pratiquants »
qui pratiquent les valeurs de l’Évangile et l’amour du prochain, mais qui ne croient ni en Jésus, en Allah
ou en Yahvé. Il y en a donc, même aussi de plus en plus, qui ne croient en aucun dieu.
Pourtant, je vous le dis, je vous le rappelle : nous avons à les respecter, tous ces gens là, ne serait-ce que
dans leur très belle humanité.
Qu’est-ce qui fait la différence, donc ?… Car comme le disent la première lecture et le passage d’évangile
d’aujourd’hui, il y a bien une différence : « Ils ne sont pas de ceux qui nous suivent » dit Saint Jean.
Il est important de se rendre compte que la différence ne se situe pas dans les actions elles-mêmes.
Extérieurement, c’est le même geste : donner à manger aux pauvres, vêtir ceux qui sont nus, visiter les
prisonniers n’est pas l’apanage des croyants.
La différence ne se situe donc pas dans la réalisation extérieure du geste, mais dans son origine profonde.
Jésus répondit : « celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen,
je vous le dis, ne restera pas sans récompense ».
Saint Augustin résume très bien cela… il dit ceci : « Ne proclamez pas Jésus-Christ à tord et à travers,
avant qu’on ne vous interroge ; mais vivez de telle manière qu’on vous interroge ». Le but est le même :
que l’on finisse par nous interroger, sur nos motivations. Mais le moyen d’y arriver est différent : C’est à dire
notre témoignage de vie : en paroles et en actes.
Je me souviens d’une catéchiste dans un collège à Roubaix qui nous racontait cela : Les élèves
s’émerveillaient de sa gentillesse. Elle était moquée, critiquée ; même ridiculisée parfois par les collégiens.
Mais elle restait souriante, avenante, et proche de chacun. Un jour, un élève l’interrogea : « Madame, c’est bizarre :
vous ne rouspétez jamais. Vous ne répondez jamais au mal par le mal. Pourquoi ? »
« Pourquoi ? », répondit-elle… « C’est parce que je crois en Jésus ».
Voyez-vous, c’est tout simple, mais c’est fondamental : la foi fait déplacer des montagnes.
Dans les paroisses dont j’ai eu la chance d’être le curé auparavant, j’ai rencontré des chrétiens,
des baptisés, engagés dans un service paroissial qui étaient fatigués. Ils se décourageaient
car ils attendaient une trop rapide récompense de leurs actes. Ils avaient fini par mettre leur foi dans leurs actes.
Ce qui les motivaient, c’était faire le bien, s’investir, aider, agir. Ils avaient oublié la motivation première :
la force nous vient d’en haut. Notre motivation première c’est la foi en Jésus-Christ mort et ressuscité.
Si nous en restons en une simple horizontalité, en un simple humanisme, c’est déjà très bien.
Mais ce n’est pas suffisant. Car nous risquons fort de nous user avec le temps.
Si nous n’avons qu’un objectif : ce que l’on appelle « le royaume de Dieu » ; alors ce sera différent.
Les fruits de nos actes, nous ne les attendrons pas pour nous-mêmes, mais pour le Seigneur.
La force et le courage de la ténacité, de la patience, et de la persévérance, nous la puisons en Dieu.
Chers amis, par pitié ! Si vous vous investissez dans notre paroisse (et c’est bien… et c’est nécessaire… ), !
Surtout : ne le faites pas pour « rendre service à monsieur le curé ! ». Si c’est le cas, je vous en supplie ;
démissionnez immédiatement !
Ce que vous entreprenez, faites-le non seulement gratuitement, mais faites-le pour Dieu !
Parce que votre motivation, votre dynamisme, la source de votre engagement, vous les trouverez en Dieu.
Alors, chers amis, en ce jour de fête paroissiale, rendons grâce à Dieu qui nous a donné une si belle paroisse…
pour l’amour de son nom.

+ Père Dominique Lemahieu, Curé

Saint André, dimanche 26 septembre 2021