Une paroisse qui donne envie !

La jalousie…
Saint Jacques nous en parle dans la seconde lecture :
« La jalousie et les rivalités mènent au désordre et à toutes sortes d’actions malfaisantes ».
La jalousie… C’est peut-être elle qui a crucifié Jésus. En effet, la jalousie apparaît souvent lorsque l’on refuse
d’accepter un échec dans notre vie :
Je deviens jaloux de quelqu’un qui réussit dans ce qu’il entreprend, alors que moi, je n’y arrive pas.
Les pharisiens se sont rendu compte que Jésus avait du succès auprès du peuple juif dont ils étaient pourtant les
chefs. Ils ont été jaloux de lui. Ils l’ont crucifié.
« On est jaloux que de ce que l’on aime » dit-on.
Si, messieurs, vous êtes jaloux de votre femme, c’est que vous ne voulez pas qu’un autre vous la prenne.
Si, mesdames, vous êtes jalouses de votre mari, c’est que vous ne voulez pas qu’une autre vous le prenne.
Et cela me parait légitime.
Légitime… à partir du moment où ce n’est pas excessif, possessif ou exclusif. Cette jalousie excessive devient
effectivement un désordre : La femme aimée devient alors une chose ; un objet que l’on possède et que l’on enferme.
L’actualité récente en Afghanistan nous le prouve de façon dramatique : Il y a encore de nos jours des maris qui
enferment leurs femmes sous les grilles d’une Burka !
Pourtant, ce matin, je voudrais prendre le risque de faire l’éloge de la bonne jalousie. Je voudrais la défendre un peu…
Car s’il y a une mauvaise forme de jalousie (celle que je viens de décrire) on peut distinguer une sorte de bonne jalousie.
Nous pouvons trouver cette notion de bonne jalousie, vis-à-vis de Dieu lui-même.
Le deuxième des dix commandements dit ceci :
« Tu ne fera pas d’image de Dieu ; tu n’adorera pas d’idole. Car moi je suis un Dieu jaloux ». (Ex 20, 5)
Dieu est jaloux, au sens où il ne veut pas que nous nous détournions du chemin exigeant du bonheur qu’il nous propose.
« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie », dira Jésus. Si nous prenons un autre chemin, alors nous nous égarons.
Chers amis, moi, en tant que prêtre, en tant que votre curé : j’ai reçu la mission d’être votre pasteur.
En ce jour de fête paroissiale, tout en préservant votre totale liberté, je crois pouvoir dire que je suis jaloux
de chacune de nos trois paroisses (Wambrechies, Marquette et Saint André) :
Comme un mari vis-à-vis de son épouse, je voudrais que notre paroisse soit la plus belle possible : qu’elle soit
pleine de vitalité, rayonnante, et qu’elle témoigne du don qu’elle a reçu de Dieu. Tel est l’objectif des
questionnaires que vous avez reçus avec votre feuille de chants…

Il existe aussi une autre forme de bonne jalousie : celle qui consiste à vouloir le bien de ceux que l’on aime.
La jalousie est donc, d’une certaine manière, une preuve d’amour envers celui qui a besoin de grandir.
C’est pour cela que Jésus, dans l’évangile d’aujourd’hui, met au centre un enfant.
Un enfant, un petit enfant, c’est celui qui est sans défense. C’est celui qui ne parle pas.
A l’époque de Jésus, un enfant : c’est celui qui n’a pas droit à la parole.
L’enfant, c’est celui qui a tout à apprendre. Il est pauvre et dépendant.
L’image dont il s’agit ici est celle d’un petit enfant qui accueille la vie comme un cadeau.
Celle d’un petit enfant qui sourit à la vie.
Nous sommes, nous-mêmes, cet enfant que Jésus met au centre. Car il nous donne la parole.
Et il nous donne sa Parole, lui qui est le Verbe fait cher.
Nous avons un Dieu qui est Parole, et qui nous donne la parole, pour que nous aimions sa Parole ;
que nous la gardions ; que nous la préservions jalousement intacte et pure, afin de la faire connaître à tous,
de la mettre en pratique, et de la partager à la multitude.
Voilà l’objectif de notre après-midi festif : Parlons, bavardons ensemble. Mais ne restons pas seulement bien
confortablement entre nous, entre amis, comme dans le cocon rassurant d’une mauvaise jalousie.
Mais au contraire, avec une bonne jalousie, faisons grandir le trésor qui est en nous : Le don que nous avons reçu
le jour de notre baptême.
Nous, qui sommes ses enfants, entendons Dieu le Père murmurer à l’oreille de chacun d’entre nous :
« Tu es mon fils bien-aimé, Je t’ai appelé par ton nom, tu comptes beaucoup à mes yeux ; tu as du prix pour
moi, car je t’aime » (Is. 43,4)

Père

+ Père Dominique Lemahieu, Curé

Wambrechies, dimanche 19 septembre 2021