Chers amis, frères et sœurs dans le Christ, depuis le mois de juin dernier : vous saviez que vous allez changer de curé.
Et vous vous demandiez sans doute quelle tête j’avais et comment ça allait se passer… C’est bien naturel de se poser ce genre de question quand on fait partie, comme vous, d’une communauté paroissiale.


Eh bien voilà :
Depuis deux semaines (depuis le mardi 1er Septembre) je succède au Père Jean-Luc Morand. Et dans 2 semaines (le samedi 26 septembre prochain), le Père Bruno Cazin, au nom de notre évêque, me remettra officiellement la charge d’être votre pasteur, pour vous guider sur les chemins du Seigneur.
Je veux vous dire la joie et aussi, pour dire vrai, quelques appréhensions qui sont en moi depuis le moment où j’ai déménagé de Pérenchies pour venir habiter Wambrechies :
Si tout se passe bien, nous allons passer plus ou moins 8 ans ensemble. Ce n’est pas rien ! C’est « une tranche de vie ».
Nous allons donc prendre le temps d’apprendre à nous connaître…
Nous allons surtout prendre le temps de grandir ensemble avec le Christ.
Il me semble que les textes de la liturgie d’aujourd’hui nous donnent le programme :
Cela s’adresse à moi bien sûr, mais cela s’adresse aussi à vous !


Première lecture : Rancune et colère… des choses abominables.
Alors… plutôt que conserver des reproches dans notre cœur, vis-à-vis des personnes qui nous ont blessées ; et peut-être même, car, ça pourrait arriver un jour : vis à vis de votre curé, qui manque de temps, ou qui oublie des réunions par un trop plein d’activités et de fatigues, je me souhaite, je vous souhaite… pendant ces 8 ans qui s’ouvrent à nous, d’être des acteurs de la miséricorde.


– Le psaume : bénis le Seigneur, Ô mon âme, n’oublie aucun de ses bienfaits.
Alors, chers amis, plutôt que de critiquer, de bougonner, de ne voir que ce qui va mal… de broyer du noir, comme on dit, je me souhaite… je vous souhaite, au cours de ces 8 prochaines années, et pour le restant de votre vie, d’être des optimistes acharnés.


– La deuxième lecture (Saint Paul aux romains…) : Aucun d’entre nous ne vit pour soi-même… nous appartenons au Seigneur.
Je me souhaite… je vous souhaite, au cours de ces 8 prochaines années, de vivre avec et pour le Christ Jésus, qui ne désire qu’une seule chose pour nous : que nous ayons la vie, et la vie en plénitude.


– L’évangile : Combien de fois faudra-t-il que je pardonne ?
Si vous avez bien lu le journal paroissial, vous savez que j’ai exercé une profession avant d’être prêtre.
Je me souhaite… je vous souhaite, au cours de ces 8 prochaines années, de quitter notre désir de compter et de comptabiliser pour accueillir ce qui ne peut pas se mesurer : l’infini tendresse de Dieu pour tous les hommes.


Premièrement, donc : être acteur de miséricorde.
Ce mot de miséricorde, vous vous souvenez sans doute que le pape François en a fait le thème de toute l’année 2016.
En voici la définition qui n’a rien à voir avec un soi disant côté misérable de la condition humaine :


La miséricorde : c’est l’amour inconditionnel de Dieu vis-à-vis de toute l’humanité.


Vous voulez bien apprendre par cœur cela ?
Je vous invite à répéter :
La miséricorde : c’est l’amour inconditionnel de Dieu vis-à-vis de toute l’humanité.
Encore !…
Alors deuxièmement… chers amis, je m’adresse plus particulièrement à notre esprit gaulois… dont on vous reparlera tout à l’heure dans les annonces concernant le 4 octobre prochain : Arrêtons de tout critiquer. Arrêtons de chercher la petite bête. Arrêtons de ne jamais être content ; de ne jamais être satisfait de ce que nous sommes ou de ce que nous avons parce que il y a toujours quelque chose qui manque, il y a toujours quelque chose qui ne va pas.
Jésus, le Christ est-il ressuscité d’entre les morts, oui ou non ?
Alors ! Si Christ est bel et bien ressuscité, rien ne peut nous séparer de l’amour qui est en Dieu.
Rien, pas même la mort ne peut nous rendre définitivement pessimistes.
Le Christ est ressuscité d’entre les morts, et il n’a qu’un désir :
que nous aussi, nous soyons des vivants, et que nous ayons la vie en plénitude… alors ! Chers amis, soyons des optimistes acharnés :
Bénis le Seigneur ô mon âme. N’oublie aucun de ses bienfaits. Cela doit constituer notre nature même de chrétiens, Un programme pour 8 ans Une mission commune : « grandir ensemble avec le Christ ».
Donc, troisièmement, cet optimisme acharné, nous ne le tenons pas de l’esprit du monde.
Cet optimisme acharné, est surnaturel : il nous vient du Christ.
Car, comme le dit Saint Paul, si le Christ a connu la mort, puis la vie, c’est pour devenir le Seigneur et des morts et des vivants.
Voici donc mon programme en trois points pour ces 8 années qui s’ouvrent à nous.
Premièrement : le Christ.
Deuxièmement : le Christ.
Troisièmement : le Christ… qui doit être notre modèle absolu pour tous les actes de notre vie.
Aucun d’entre nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même : Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur.
Quatrièmement, Vous voyez bien que, dans ces conditions, la question de saint Pierre est hors de propos. « Combien de fois dois-je pardonner ? ».
Ça fait 2000 ans que ça dure, mais l’humanité n’a pas encore compris…
Ça fait 2000 ans qu’on ne fait que compter : « Combien ? Combien ça coûte ? Combien de temps ? Combien de kilomètres ?
Combien d’efforts ? Combien de pardon ?
Tout cela est futile, aux yeux de Dieu.


Je suis de plus en plus persuadé que Dieu ne sait pas compter.
Il ne sait pas compter, puisqu’il est amour !…


Chers amis, je m’adresse plus particulièrement à vous, qui avez des enfants : mesurez-vous l’amour que vous leur donnez ?
Non !
J’imagine bien qu’il ne vous est jamais arrivé, un soir de dire à votre fils ou à votre fille : « ah, mon chéri, il est 19h32, tu as reçu ta dose d’amour pour aujourd’hui, dans une minute, à 19h33, je vais arrêter de t’aimer jusqu’à demain matin ! »
Impossible de dire cela !…
Eh bien, il en est de même pour Dieu.
Dieu nous aime… Il nous aime sans condition.
Il nous aime sans tenir compte de la couleur de notre peau, de notre richesse ou ne notre pauvreté humaine.
Il nous aime sans tenir compte de notre intelligence…
Et j’oserai dire : il nous aime, sans tenir compte de notre religion !
Dieu aime tous les hommes… à la folie !
Mais, à nous chrétiens, Dieu nous donne une mission :
celle de témoigner de son amour infini.

 


Alors, Seigneur, pendant ces 8 années qui s’ouvrent devant nous, nous te demandons la force de ton amour fou, de ton amour inconditionnel pour toute l’humanité.
Seigneur : envoie-nous des fous. Envoie des fous d’amour !

Père Dominique Lemahieu
Wambrechies le 13 Septembre 2020